Histoire de l'aqueduc

C’est au cours d’un conseil d’administration en 2003, que le géologue de l’association, Bernard Bourgueil a émis l’idée de relancer l’étude de l’aqueduc, commencée en 1994. En tant que scientifique, il avait longuement réfléchi à ce travail.
La SAHCM accepta le défi et s’engagea ainsi pour de longues années. Deux groupes se sont ainsi créés, le groupe « terrain » chargé d’entreprendre les fouilles et le groupe « archives » en charge de la collecte des informations documentaires et iconographiques.

Depuis les travaux des frères Triou, rien n’avait été fait et l’aqueduc, pourtant cher aux Saintais, risquait de tomber dans l’oubli. Les ans avaient déjà fait leur œuvre de destruction ; sur certains ouvrages les pierres taillées avaient été récupérées. Il fallait donc agir rapidement pour comprendre comment les Gallo-Romains avaient, dans un premier temps, repéré les différentes sources qui permettaient d’alimenter en eau Mediolanum, puis les méthodes employées pour construire un aussi imposant ouvrage, l’aqueduc mesurant environ 18 km de long.

Depuis 2003, Jean-Louis Hillairet, vice-président de notre Société, coordonne un programme de recherches.
Ces travaux combinent prospections pédestres, études de documents et surtout fouilles de terrain. Ils bénéficient de la participation active de nombreux bénévoles et du soutien des maires de Saintes, Fontcouverte, Vénérand et Le Douhet. D’autre part un grand projet collectif de recherche a été lancé, avec l’accord du Conservateur régional de l’archéologie. Ce projet aboutira à un classement de l’aqueduc, qui deviendra alors un monument historique.
Ce titre permettra une meilleure protection des vestiges, ouvrira d’intéressantes perspectives scientifiques et exercera un grand attrait touristique.

Fouilles de terrain

En ce qui concerne les fouilles, que ce soit par les chauds jours d’été, la pluie ou les frimas de l’hiver, rien n’arrête les bénévoles qui sont là presque tous les samedis. D’autres sont venus les rejoindre, enthousiastes devant le travail déjà accompli et touché par le virus de l’archéologie.

L’équipe de la SAHCM va de surprise en surprise et reste en admiration devant les techniques des Gallo-Romains. Le tracé de l’aqueduc se dessine peu à peu au fur et à mesure des prospections, puis des sondages.



La dernière surprise est celle du lavoir du Douhet, à proximité de la Grand-Font. Ce lavoir, alimenté en eau par l’aqueduc, était encore utilisé récemment par les habitants du village. Mais il semble avoir été à l’origine un baptistère du IVe siècle. Beaucoup d’indices, que les fouilleurs du samedi mettent au jour, confirment cette hypothèse.
L'année 2012 apportera sans doute une réponse.